“La roue solaire,
l’œil qui veille sur le monde entier
et illumine.”

Tekst

As the Sun revolves,
the Father generates all.
He has twelve limbs
corresponding to the lunar months.
He is the pull of water and their tides,
the substance above the heavens,
above the sky.
Other calculators of apparent time
say that the whole universe
is fixed like spokes on the nave of a wheel.

Who as the embodiment of illusory Time
is possessed of seven wheels
in the form of seven horses,
endowed with six spokes of six seasons.
Whether possessor of five feet,
twelve limbs, seven wheels of six spokes.
It is the Aeon, the embodiment
of the mystery of TIme.
Ruler of Creatures,
led by the Sun and the Moon,
which causes a world of illusion.

Extrait de ‘The Principal Upanishads: The Essential Philosophical Foundation of Hinduism’ par Alan Jacobs

Tekst

Après le culte de la Grande Mère, en tant que symbole de fertilité, à l’âge de pierre, on assiste à la naissance du Dieu Soleil à l’âge de bronze.
La roue à 4, 6 ou 8 rayons était utilisée pour symboliser cette divinité.

Je me limite, avec un bref rappel historique, à la roue à 6 rayons en raison de sa relation géométrique avec le Germe de Vie.

La vallée de l’Indus

10.000 – 4500 av. J.-C. (Néolithique à l’âge du bronze)
Image de la roue à 6 rayons et à 8 rayons.
Pétroglyphes dans les grottes d’Edakkal, Kerala, Inde du Sud.
(Photo © inconnu)

4000 – 3500 av. J.-C.
Amulette en cuivre réalisée selon la technique de la cire perdue, Mehrgarh, Pakistan.
(Photo © inconnu)

2650 – 1500 av. J.-C. (Culture harappa)
(certains archéologues le datent encore plus vieux).
Épitaphe ‘in situ’ ?, Dholavira, Inde.
(Photo © inconnu)

Réplique repeinte des 10 symboles harappéens du musée local.
A noter également les variantes peintes du Germ de Vie (celles-ci n’ont pas été retrouvées in situ).
(Photo © inconnu)

La culture de Harappa ou civilisation de l’Indus était une civilisation de l’âge de bronze en Asie du Sud (vers 3200 – 1900 av. J.-C.). Des sites ont été découverts au Pakistan, dans le nord-ouest de l’Inde, en Asie centrale et dans la péninsule arabique. On a retrouvé de nombreux objets (sceaux, tablettes miniatures, etc.) appartenant à cette ancienne civilisation. 

Selon certains historiens, ces objets sont des instruments administratifs-commerciaux (jetons d’impôts, licences commerciales, données métrologiques, etc.) qui servaient à contrôler des échanges économiques complexes. Compte tenu de la brièveté des inscriptions, il ne s’agit peut-être pas d’une véritable écriture, mais d’un système d’identification des transactions commerciales et des signatures. Il existe des exemples de sceaux en argile attachés à des paquets de marchandises échangées entre commerçants ; certains de ces sceaux en argile ont été trouvés dans la région de la Mésopotamie, bien au-delà de la vallée de l’Indus, ce qui témoigne de l’ampleur du commerce en d’autres temps.

L’écriture de l’Indus était également utilisée dans le cadre ‘d’images narratives’ : ces images contenaient des scènes liées à des mythes ou à des histoires, combinant l’écriture et des images de dieux, d’humains, d’animaux et de créatures (imaginaires) représentées en poses actives. Cela fait penser à des usages religieux, liturgique et littéraire. Il se peut donc que certains sceaux aient également été utilisés comme amulettes ou talismans.

Les civilisations anciennes ne connaissaient pas, au départ, le ‘culte de l’écriture’. La nécessité d’écrire quoi que ce soit était considérée comme le signe d’une certaine dégénérescence, puisque les gens se souvenaient normalement de tout. En général, il s’agissait donc de traditions orales, et les connaissances étaient soigneusement transmises d’une génération à l’autre.
Les plus anciens exemples d’écriture indus datent de cette période. Cela situe le début de l’écriture en Asie du Sud à peu près au même moment que celui des écritures égyptienne et mésopotamienne anciennes.
Les Vedas, les textes sacrés des Indo-aryens, ont vu le jour au plus tôt vers 1600 avant J.-C.
Le lien entre la civilisation de l’Indus et la première culture du sanskrit, qui a notamment produit les textes védiques de l’hindouisme, n’est pas clair.

Il existe également du matériel archéologique provenant de la culture Harappa qui amène les historiens à penser que cette civilisation utilisait un système numérique octal et connaissait le rapport entre la circonférence du cercle et son diamètre, c’est-à-dire la valeur approximative du nombre π. Une autre invention unique des Harappans était un instrument permettant de mesurer les sections de l’horizon en azimut.

2700 – 2000 av. J.-C. (Culture harappa)
Timbres de Pashupatinath, Mohenjo-daro, Pakistan.
(Photo © Musée national, New Delhi Inde)

19e s. av. J.-C. (Culture harappa)
Sceau en stéatite représentant un rhinocéros indien, Mohenjo-daro, Pakistan.
Musée archéologique, Karachi, Pakistan
(Photo © akg-images / De Agostini Picture Lib. / A. Dagli Orti)

(Culture harappa)
Phoque en terre cuite de l’Indus de Mohenjo-daro, Pakistan
Image à 6 rayons avec des têtes d’animaux dont une licorne.
(Photo © Inconnu)

Image contrefaite pour le film 2016 Mohenjo-daro (pas authentique).

(Culture harappa)
Tablette en terre cuite
(A gauche) Cette sculpture représente une divinité féminine debout, les bras tendus, tenant en respect deux animaux apparemment mortels et se tenant au-dessus d’un éléphant. Ce thème est commun aux cultures fluviales de l’Indus, de l’Égypte ancienne et de la Mésopotamie.
On pense généralement qu’il s’agit d’un motif harappan dérivé de sources suméro-akkadiennes. L’imagerie similaire babylonienne est liée à la légende de Gilgamesh.
Ici, une roue à 6 rayons est également représentée au-dessus de la tête de la divinité.
(A droite) L’autre côté de la tablette montre un chasseur transperçant un buffle d’eau avec une lance (rituel hindou ?) en présence d’un prêtre assis ou d’une divinité en posture de yoga
.
(Photo © Musée de Harappa, Pakistan)

Il existe plusieurs théories sur la signification de la ‘roue à 6 rayons’.

• La signification de la roue est associée au disque solaire.
Dans le Ṛgveda, Sūrya est décrit comme un char à une roue. C’est ce symbole solaire conçu comme une roue de char qui devint plus tard l’arme de Vishnu, la forme déifiée de Sūrya, dont la roue ardente à (six) rayons (Sudarshana)-chakra représente l’univers phénoménal.
En outre, le Ṛgveda décrit Mitra (une autre forme de Sūrya) comme l’œil du monde. Ainsi, le soleil qui traverse l’espace est entendu comme l’œil qui surveille et illumine le monde entier. De même, le symbole de la roue peut être associé à la lumière et à la connaissance. Par conséquent, en un certain sens, la roue (cakka) et l’œil (cakṣu ; Pāli : cakkhu) sont tous deux synonymes.
A ce propos, il est intéressant de noter que la réalisation de la vérité est très souvent décrite comme ‘cakkhuṃ udapādi’ ou ‘l’œil de la sagesse s’est levé’. Ici, l’œil est la sagesse (paṭivedha-ñāṇa).

• La roue représente le mouvement, la continuité et le changement, tournant éternellement comme le cercle du ciel. Le bouddhisme identifie cette roue comme le dharmachakra ou ‘roue du dharma’ des enseignements du Bouddha. Le terme tibétain de dharmachakra signifie littéralement ‘roue de la transformation’ ou changement spirituel. Le mouvement de la roue représente la transformation spirituelle révélée par les enseignements du Bouddha.

• La ‘roue de la loi’. Le mot sanskrit ‘dharma’ signifie ‘tenir, maintenir, préserver’, ‘ce qui est établi ou ferme’ et ‘loi’.
‘Sūrya’ comme le feu céleste (divya-agni). ‘Vishnu’ signifie, entre autres, ‘omniprésent’, ‘celui qui est tout et en tout’, ‘celui qui entre partout’. La roue de Vishnu à six rayons (et elle est l’équivalent symbolique d’un lotus à six feuilles) représente l’esprit (universel), la force illimitée qui crée et détruit toutes les sphères et formes de l’univers, et dont la nature est de tourner sans cesse. Sudarśana chakra ou ‘la roue/disque de la vision d’espoir’.







• La ‘roue à rayons’ est également associée au cercle qui symbolisait le cycle de l’année et le soleil. Les six rayons du cycle de l’année représentent les six saisons : au centre se trouve l’espace dans lequel sont placés les rayons (ce centre représente le centre immuable, immobile, le continuum causal le plus élevé). Le cercle autour de la roue représente ‘Māyā’, le pouvoir divin de l’illusion. L’esprit universel correspond dans le microcosme à la compréhension active de l’existence individuelle associée au principe du feu. Le pouvoir miraculeux de l’esprit peut détruire toutes les formes d’ignorance, c’est pourquoi la roue est l’arme qui coupe la tête de tous les démons, de tous les péchés (soit l’inconscient).

• Ṣaḍbhāgin signifie ‘le bénéficiaire d’une sixième partie’, comme compensation pour le roi ou le souverain en échange de sa protection.
L’association sémantique de la roue au pouvoir souverain réside dans son étymologie en sanskrit et signifie, entre autres, ‘chef suprême’.
Ici, le symbole du soleil représente la souveraineté, la protection et la création.

• Dans la culture Sintasht (2100 – 1800 av. J.-C.) (Europe de l’Est et Asie centrale), les plus anciens exemples de roues à rayons et de chars ont été découverts.
Le symbole de la roue à 6 rayons existe depuis bien plus longtemps. Est-il possible d’utiliser la forme d’une roue avant qu’elle n’existe ? Et le symbole lui-même, qui a finalement conduit à la création de la roue à rayons, était-il une idée platonique à laquelle un démiurge aurait donné forme ?

Roue du Dharma

1-2e s. apr. J.-C.
Empreinte de bouddha en ardoise,
De Gandhara, Afghanistan/Pakistan
Ici le lotus symbolise le disque solaire, le lotus symbolisant la pureté de l’esprit du Bouddha.

Galerie Jacques Barrère, Paris, France
(Photo © inconnu)

2e s. apr. J.-C.
Image en ardoise
De Chorasan, Gandhara, Inde
Culte des Trois Joyaux
Le Bouddha, celui qui est pleinement éveillé, le Dharma, les enseignements bouddhiques, et la Sangha, l’ordre monastique.
Musée Ethnologique de Berlin, Allemagne
(Photo © inconnue)

2e s. apr. J.-C.
Image en grès
De Bharhut, Inde
Culte du Dharmachakra
Musée national indien, Kolkata, Inde
(Photo © inconnue)

3-4e s. apr. J.-C.
Image « Le Grand Miracle de Bouddha », Monastère de Païtava
De Kapisha, Afghanistan
Musée Guimet, Paris, France
(Photo © inconnue)

12-13e s. apr. J.-C.
Relief bouddhiste de 8 mètres de haut dans les rochers de Dazu en Chine
Anicca tient la roue bouddhiste de la vie – la roue montre six incarnations de tous les êtres vivants, indiquant le cycle bouddhiste du karma et de la réincarnation.
(Photo © Gerd Eichmann)

18e s. apr. J.-C.
Un thangka tibétain traditionnel avec le bhavacakra.
Du Tibet oriental
Image de l’univers bouddhiste, ou la roue de l’existence, avec les six royaumes de l’existence.
Musée d’art, Birmingham, Royaume-Uni
(Photo © inconnue)

19e s. apr. J.-C.
Peinture miniature, école de Tanjore
De l’Inde
Le culte de Surya, le dieu soleil sur son char.
(Photo © inconnue)

Date inconnue
Thangka avec l’image de la roue de la vie
Musée de la Galerie nationale à Prague
(Photo © inconnue)

« Le soleil est l’esprit (Atman) de tout ce qui est en mouvement ou au repos
et le Soleil relie toutes choses à lui-même au moyen d’un fil de lumière spirituelle. »

Rig Veda 1.115.1

Mésopotamie

3000 av. J.-C.
Dessin d’une palette du roi Narmer, Egypte.
Une rosette à six pétales est représentée à gauche du roi.
(Photo © Musée égyptien, Le Caire)

2600 – 2400 av. J.-C.
oîte circulaire en chlorite présentant des scènes mythologiques similaires à l’histoire de Gilgamesh, l’Iran.
Le personnage principal en présence dune rosace à 6 pétales.
(Photo © British Museum, Londres)

2100 av. J.-C.
Sceau-cylindre, intronisé Ur-Nammu, roi d’Ur, Sumer.
Ici, un symbole à 6 branches est représenté dans un carré.
(Photo © British Museum, Londres)

1400 – 1200 av. J.-C.
Impression de sceau-cylindre assyrien.
Un homme aux ailes d’oiseau et une queue de scorpion tirant une flèche sur un griffon. Un homme scorpion est l’une des créatures que Gilgamesh rencontre au cours de son voyage. Le ciel montre des symboles à 6 branches.
(Photo © Walters Art Museum, États-Unis)

827 av. J.-C.
Image de Jéhu, roi d’Israël, rendant hommage au roi Shalmaneser III d’Assyrie, sur l’obélisque noir de Shalmaneser III de Nimrud.
Voici un soleil à 6 rayons à côté du symbole du soleil ailé de Nibiru.
(Photo © British Museum, Londres)

Royaume d’Urartu, Arménie

7e s. av. J.-C.
Soulagement de pierre, du royaume d’Urartu, en Arménie.
Le dieu ailé Khaldi debout sur un lion. Au-dessus de lui se trouve une roue répétitive à 6 rayons.
Musée des civilisations anatoliennes, Ankara, Turquie
(Photo © inconnu)

Roue à 8 rayons

Quelques images de la roue à 8 rayons comme symbole du dieu soleil à travers le temps et les cultures.

En Mésopotamie, le dieu sumérien ‘Šamaš, qui voit tout’ était représenté comme le soleil sous la forme d’une roue à huit rayons. Il apporte lumière et chaleur à la terre, et permet aux plantes et aux cultures de pousser. Au lever du soleil, Šamaš se lève de son sommeil souterrain et prend son chemin quotidien dans le ciel. Comme le soleil remplissait le ciel de lumière, Šamaš supervisait tout ce qui se passait pendant la journée. Il est ainsi devenu le dieu de la vérité, du jugement et de la justice. Šamaš jouait également un rôle dans les traités, les serments et les transactions commerciales car il parvenait à voir à travers la tromperie et la duplicité. En tant que défenseur de la justice, le dieu du soleil avait également un aspect guerrier.

860 av. J.-C.
Tablette en calcaire représentant le roi Nabu-aplu-iddina en présence de Šamaš, le dieu solaire.
(Photo © Le British Museum.)

NABU – Le dieu babylonien de l’écriture et de la sagesse. Son nom fait référence à ses pouvoirs prophétiques et à son don d’écriture. Il était le dieu patron des scribes et des ‘tablettes du destin’ qui déterminaient le souverain de l’univers (Anu, Enlil ou Assur). Nabu était l’un des dieux les plus importants de Mésopotamie. Il a été vénéré pendant des milliers d’années et il est souvent comparé, entre autres, au Thot des Égyptiens.

800 av. J.-C.
Sculpture en calcaire du dieu Nabu, Nimrud, Iraq

3e s. av. J.-C.
Pièce de monnaie (votive ?), de la Gaule belge.
Monnaie gauloise avec une image stylisée d’un cheval et d’une roue solaire de Taranis.
Musée Art & Histoire, Bruxelles, Belgique
(Photo © Stefaan Algoet)

2e s. av. J.-C.
Pièce de monnaie (votive ?).
Etalon à 3 pénis, sous roue solaire de Taranis, originaire de l’ouest de la Hongrie.
(Photo © inconnu)

50 av. – 50 apr. J.-C.
Roues votives dites ‘rouelles’, du culte Taranis, de la Gaule belge.
(Photo © Musée d’Archéologie Nationale, France)

Une offrande votive, appelée cadeau sacrificiel ou anathème, est un objet (souvent précieux) que l’on laissait derrière, dans les tombeaux ou les lieux saints, pour apaiser les dieux.

50 av. – 350 apr. J.-C.
Pièce de monnaie (votive ?), d’Afghanistan
(Photo © inconnu)

1230 apr. J.-C.
Codex Buranus (Carmina Burana), Miniature de la Roue de la Fortune.
(Photo © Bibliothèque d’État de Bavière, Munich)

13e s. apr. J.-C.
Roue de pierre taillée dans les murs du Temple du Soleil de Kornark, Inde
(Photo © Planabee)

Bibliographie
– ‘The ancient words for lapis lazuli and fish-eye beads: a semantic study of the Indus inscriptions through archaeological and linguistic lenses’, par Bahata Ansumali Mukhopadhyay
– ‘Indus script’, par Cristian Violatti
– ‘The wheel from Mehrgarh to the Vedas and the Indian national emblem’, par Giacomo Benedetti
– Harappa.com Iravatham Mahadevan
– ‘Het boeddhistische wielsymbool’, par T.B. Karunaratne
– ‘The Handbook of Tibetan Buddhist Symbols’, par Robert Beer
– ‘The Myths and Gods of India’, par Alain Daniélou
– ‘De Minoïsche-Myceense religie en haar overleving in de Griekse religie’, par Martin Persson Nilsson
– ‘From Lineage to State’, par Romila Thapar
-’Early System of Naks. atras, Calendar and Antiquity of Vedic & Harappan Traditions’, par A. K. Bag
– Wikipedia

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